Étude de la langue · règle
Le commentaire : lire, problématiser, rédiger
Commenter un texte, c’est expliquer comment il fonctionne et ce qu’il fait éprouver ou comprendre. Le correcteur attend une lecture personnelle, organisée en axes, et appuyée sur des citations précises.
1Avant d’écrire : lire trois fois, avec trois questions
Première lecture : de quoi parle le texte, qui parle, à qui, dans quelle situation ? Deuxième lecture : quel mouvement, quelles ruptures (changement de temps, de ton, de personne) ? Troisième lecture : qu’est-ce qui frappe, et pourquoi ? Cette dernière question produit ton projet de lecture, c’est-à-dire une problématique : une question à laquelle ton commentaire répondra.
- Problématique faible : « Quels sont les procédés employés ? » (elle décrit, elle n’interroge pas).
- Problématique solide : « Comment le poète fait-il revivre un bonheur passé tout en doutant de son retour ? » (elle appelle une réponse nuancée).
2Un plan en axes de sens, pas en listes de procédés
Chaque partie défend une idée sur le texte (« le poème évoque un bonheur par les sens »), pas une catégorie technique (« les figure de style : une façon imagée de dire les choses pour frapper le lecteur (« il pleut des cordes »). »). Les procédés (comparaison, antithèse, rythme, temps verbaux, point de vue) servent de preuves à l’intérieur des axes, ils ne constituent pas les axes. Deux ou trois axes suffisent, du plus évident au plus fin.
- Axe 1 : un bonheur évoqué par les sens ; axe 2 : l’art de la mémoire ; axe 3 : le doute final.
- À éviter : I. les figures de style, II. le vocabulaire, III. les temps.
3Le geste de base : citer, identifier, interpréter
Dans chaque paragraphe : un bloc de texte qui développe UNE idée (dans une rédaction : une idée = un paragraphe, on va à la ligne)., tu avances une idée, tu cites un passage exact (quelques mots, entre guillemets), tu nommes le procédé ou le fait de langue, puis tu dis ce que cela produit. Sans ce dernier temps, il y a de la paraphrase ou de l’inventaire, pas de commentaire.
- « Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres » : l’impératif suivi du « et » de conséquence présente la liberté comme un effet immédiat de la volonté.
- « Au voleur ! au voleur ! à l’assassin ! » : la répétition et l’exclamation traduisent la panique, qui devient comique parce qu’elle porte sur de l’argent.
4Introduction et conclusion
L’introduction contient une amorce courte, la présentation du texte (auteur, œuvre, date, situation), la problématique, l’annonce des axes. La conclusion répond à la problématique en une ou deux phrases et peut ouvrir sur un autre texte ou une autre œuvre. Rédige-les sans recopier les consignes.
- Amorce : une phrase sur le genre ou le thème, pas une généralité sur « l’homme depuis toujours ».
- Ouverture : un rapprochement précis avec un autre texte lu en classe.
⚠Faire une explication linéaire écrite en la déguisant en commentaire : suivre le texte phrase après phrase, sans axes. Le commentaire se construit à partir de ta lecture d’ensemble, il réorganise le texte autour d’idées.
Les mots de cette fiche, expliqués
- figure de styleune façon imagée de dire les choses pour frapper le lecteur (« il pleut des cordes »).
- paragrapheun bloc de texte qui développe UNE idée (dans une rédaction : une idée = un paragraphe, on va à la ligne).
La règle est lue ? Maintenant elle s'ancre en la pratiquant.
Les règles qu'on confond avec celle-ci
Même notion, même classe : ce sont celles qui se ressemblent, donc celles qu'on mélange. Les voir côte à côte est le meilleur moyen de ne plus les confondre.
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